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pirates article 25 mars 2012

 

 

 

« Nous allons parler de gens infréquentables. »  C’est sur ces mots du guide conférencier Benjamin Casinelli  que la conférence théâtrale  sur les pirates et corsaires de Méditerranée à débuté vendredi dernier au Spaziu. Loin des scénarios hollywoodiens et des clichés cinématographiques, le comédien a , pendant plus d’une heure, raconté les plus grandes épopées  de la piraterie du Mare Nostrum. Et la Corse située au croisement de toutes les nations, n’a pas échappé à la règle. Et quelque fois la fiction ressemble étrangement à la réalité.

 

Du célèbre corsaire Barbe Rousse…

Véritable porte ouverte, très riche en eau et en bois, l’île était bien souvent la proie des pirates barbaresques. « Il y avait des esclaves potentiels, souligne Benjamin Casinelli. Les jeunes garçons étaient vendus pour faire la chiourme, c’est-à-dire ramer dans les galères. L’expérience de vie sur les navires ne dépassait pas cinq ans. Mais les jeunes femmes étaient aussi prisées et finissaient dans les maisons de passe. » Mais pour les plus jolies d’entre elles, ce sont les grandes cours de sultans qui les attendaient. Ainsi Davia Franceschini originaire de Corbara, née en captivité deviendra sultane du Maroc !  Mais le destin de Barbe Rousse cadet marquera l’histoire maritime de la Corse moderne.  Frère du célèbre corsaire à la poigne de fer, véritable terreur  pour les Génois et les Espagnols, il défia à plusieurs reprises les cités côtières de l’île.

 

… à l’enragé Dragut

Il attaquera et pillera de nombreux villages, notamment Monticello, avant de rencontrer un autre pirate : Dragut. Il en fera un de ses corsaires favoris. Ce dernier, au goût prononcé pour les trésors et butins de guerre se montrera très offensif. Il crée un poste avancé à Porto-Vecchio et pille Lumio. Plus tard, un violent affrontement aura lieu à Girolata contre les navires de la Sainte ligue des états catholiques commandés par Andréa Doria. Une bataille extraordinaire  se déroulera également à Bonifacio. « Les Bonifaciens aideront les Génois à se défendre contre les Turcs considérés comme la peste ! », s’exclame le comédiens. Mais la capitulation est inéluctable. Une allée d’honneur est formée mais elle tourne mal. Et 298 Génois seront massacrés par les hommes de Dragut.  Mais en 1555, Calvi est sur la liste du dangereux corsaire.  De même qu’à Bonifacio, la population locale et les Génois se défendent tant bien que mal. Les remparts tout fraichement édifiées se brisent lentement. Et les Calvais désemparés attendent un miracle. Il viendra du célèbre Christ Noir. Ils le portent en procession. Et l’oracle opère. Les Turques se retirent. En réalité, Dragut s’impatientait. On saura qu’il était question d’une éventuelle « rallonge », c’est-à-dire un arrangement financier entre les belligérants. Quelque années plus tard, le corsaire attaquera Malte où il mourra. Et sera enterré à Tripoli. Les Turcs en feront un héros de l’histoire navale de leur pays.

 

 

Des corsaires paolistes.

« La guerre peu à peu devient navale, écrivait Pascal Paoli à Casabianca le 4 octobre 1761. Dans celle-ci nous ne pouvons pas perdre. »  Dès l’indépendance de la Corse, le général veut faire de l’île une puissance maritime. Et ne plus rester dans une position défensive. « Mais l’entreprise était difficile, affirme Benjamin Casinelli. Il lui faillait alors faire appel à des personnes quelque peu aventuriers. » Il se tourne alors vers les corsaires. Notamment Antone Matteo Arena qui participera à la fondation de l’Île-Rousse. Ce dernier passera quel que années plus tard dans l’autre camp. Et renforcera les citadelles d’Algajola et de Calvi aux mains des Génois. Il est enterré à Corbara ou une plaque est encore visible aujourd’hui. Un autre corsaire se mettra au service de Pascal Paoli : Jean-Baptiste Peri dit le comte Peres sera un véritable cauchemar pour les adversaires de l a jeune nation. Appelé Il Terrore, il se rallia à lui aussi en 1758 aux troupes françaises. D’autres corsaires se sont aussi mis sous les ordre du Babbu comme le capitaine Morrazani, ou Giovan Maria Oletta ainsi que de nombreux Cap-Corsins.

 

JEAN-BAPTISTE SUSINI