DÉTOURS

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Du col de San Colombo à celui de Battaglia, la piste se déroule comme une ligne de partage entre le Giussani et la Balagne. Quelques haltes s'imposent pour jouir d'un spectacle panoramique : vers I’est, un paysage de terres arides (1) et, à l'ouest, les villages perchés, la plaine du Reqino et la côte de l’Ile-Rousse au désert des Agriates (2). Sans oublier, avant de plonger vers la fraîcheur des forêts qui tapissent le fond de la vallée de respirer tous les parfums de la Corse exhalés par les essences qui composent la lande environnante.

LE GIUSSANI SUR LA PISTE DES CRÊTES

 LA BEAUTÉ SAUVAGE D'UNE VALLÉE SECRETE

Par-delà les oliveraies de Balagne, le Giussani nous plonge parmi chênes verts seule les châtaigniers, les pins, les érables et les une poignée de villages peuple cette haute vallée aussi verdoyante qu’isolée. Une virée en 4x4 permet d'en admirer les charmes sous toutes ses coutures.

 

Découvrir le Giussani implique de s'arracher aux délices de la Balagne : son huile d'olive, ses villages perchés, son climat doux... Mais on ne perd pas au change ! Le 4x4 qui attaque la piste au col de San-Colombano, à 700 mètres d'altitude, permet de jouir de points de vue exceptionnels sur l’arrière-pays de l'Ile-Rousse, le désert des Agriates et même, tout au fond, le cap Corse. Vers l’intérieur se dressent les aiguilles de Popolasca et le monte Padro. La route de crête joue au funambule entre la Balagne d'un côté et Ie Giussani de I'autre. Les murets de pierre qui balafrent les pentes, les terrasses, les pagliaghji (paillers), ces petits abris de bergers en pierre sèche, et les anciennes aires de battage évoquent le temps où la région vivait de l'agriculture et du pastoralisme. Aujourd’hui, l'asphodèle, le ciste de Montpellier et le genêt épineux recouvrent ces étendues rendues à la nature. Au printemps, la lande fleurit et se colore de mille nuances. Passé le col de Battaglia, le paysage change du tout au tout. La température aussi : prévoyez toujours une petite laine. Adieu Balagne, bonjour Giussani ! Chênes verts, chênes blancs et châtaigniers émergent en épais bouquets sur les versants du piémont. La forêt de Tartagine, qui monte à l'assaut du monte Padro, invite à la balade.

 

SHAKERSPEARE SOUS LES CHÂTAIGNIERS

Mais notre engin préfère dégringoler les pentes abruptes vers les petits villages de la vallée. Olmi-Cappella, microcapitale de cette microrégion, contemple le moutonnement des forêts. L’imposante façade ocre de la maison Battaglini fut bâtie en 1902 par un villageois qui fit fortune en Égypte, où il mourut. L'ensemble abritait te premier collège de Balagne, mais aussi la mairie, le bureau des postes et le tribunal d’instance. Non loin, à Pioggiola, les lignes contemporaines de la Stazzona (la Forge) attire l’œil. Percée de fentes, ce grand cube en pin laricio accueille l’Aria, l’association du comédien Robin Renucci, l’autre enfant du pays.

Depuis 1998, des Rencontres internationales s’y déroulent chaque été (cette année, du 3 au 10 août). On vient s’y former, s’y perfectionner, monter des pièces et parfois les jouer. Au fil des ans, les Giussani est devenu le foyer d’une activité culturelle intense. Théâtre, danse, lecture, cirque…Est-ce un hasard si l’école et la crèche du village sont encore là ? Ne quittez pas le Giussani sans rendre visite à son plus vieil habitant : un chêne vert de plus de mille ans. Son vénérable tronc de huit mètres de circonférence en fait le représentant le plus grand de son espèce.

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A Pioggiola, le bâtiment de A Stazzona (la Forge). Cet espace culturel entouré de montagnes accueille l’Aria (Association des rencontres internationales artistiques) ; créée par Robin Renucci qui a grandi dans ce village. Chaque été, l’acteur organise dans sa « vallée de l’utopie » un festival international de théâtre. Un énième festival saisonnier ? Non, car l’Aria organise des stages toute l’année et intervint en milieu scolaire pour des actions d’éducation artistique.

 

 

3 – Randonnée dans la fôret de Tartagine. Les chemins forestiers étant interdits aux véhicules motorisés, laissez le 4x4 près de l’ancienne maison forestière de Tartagine-Melaja et continuez à pied, à l’ombre des pins laricio et des chênes verts, le long de la rivière Tartagine cernée par les crêtes du Capo al Dente (2032 mètres), du monte Corona (2143 mètres) et du monte Padro (2393 mètres).